La grue cendrée

La grue cendrée, un migrateur au-dessus de Rochechouart

rasemblement de grues cendrées vers le site d'hivernage
©photo du Collectif Col du Markstein par Liliane Bories


"Grou grou", en ce début novembre les grues cendrées sont de retour au-dessus des jardins, elles rejoignent leur site d’hivernage, les Landes de Gascogne ou en Espagne. 

Le plus grand oiseau d'Europe

Nom : grus grus selon Linnée (1758)
Hauteur : 1,10 à 1,25 m
Envergure : 2,40 m
Poids : 4 à 7 kg
Plumage : uniformément gris à l’exception des rémiges rehaussées de noir ; 
Cou : très long tout comme ses pattes noires. Tête : une tache rougeâtre tandis que la nuque et la gorge sont noires, enfin une bande blanche démarre derrière les yeux
Longévité : environ 15 ans
Reproduction : vers la 3ème année, 1 à 2 oeufs couvés par les 2 parents pendant 4 semaines
Nid : au sol formé d'herbes sèches

Un régime en priorité végétarien

La grue cendrée adapte son régime alimentaire aux disponibilités locales.

Sur les sites d’hivernage (essentiellement Gascogne et Espagne), les végétaux sont prépondérants : graines de céréales parfois fraichement semées, maïs faisandé, tubercules, jeunes légumineuses, crucifères.

Sur les sites de reproduction (Scandinavie, Europe du Nord-Est et Sibérie), l’alimentation est plus variée, aux végétaux s’ajoutent les organismes animaux qui garantissent un apport nécessaire à la nichée : insectes, escargots, vers de terre, parfois batraciens ou reptiles.

Elle a pour habitat : les prairies inondées, les zones marécageuses avec à proximité des champs cultivés.

©photo de Danielle et René Peltier, www.naturemp.org

grue cendrée en recherche de grains de maïs abandonnés

Migration sur un couloir étroit

La migration se justifie par :

  • la raréfaction des ressources alimentaires en un lieu donné à un moment donné
  • la dégradation climatique à l’approche de l’automne (chute des températures et de la durée de l’ensoleillement)

La grue cendrée emprunte :

  • un front de migration plutôt étroit 200 km de large (voir la carte),
  • sur des déplacements courts et en journée essentiellement.


Environ 360 000 grues traversent la France en empruntant les mêmes couloirs migratoires sur une distance de 2 500 km (de la Scandinavie à l’Espagne) . La Haute-Vienne se situe au coeur de cette trajectoire ouest de transit sans être un site d’hivernage.

Le gros de la troupe file vers l’Espagne, on estime cependant que plus de 100 000 d’entre elles hivernent en Champagne (Lac de Der), dans les Landes de Gascogne. On constate depuis quelques années des sites d'hivernage dans le Centre de la France.

Titre du paragraphe

carte des migrations des grues cendrées, avec le couloir ouets passant au-dessus de Rochechouart
©carte depuis https://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/pesentation-de-la-grue-cendree

Un vol de migration en groupe

Le vol en groupe correspond :

  • à une stratégie de sécurité
  • mais aussi d’économie d’énergie permettant ainsi d’accroitre la distance parcourue.

Cou et pattes tendus, les grues s’organisent en vol en V ou W en lançant des coups de trompette « grou-grou » pour maintenir la cohésion du groupe.
L’individu qui guide le groupe est relayé fréquemment afin d’optimiser la dépense énergétique.
Avançant à l’allure de 40 et 80 km/h, la traversée la France peut se faire en une journée.

En Haute-Vienne, le site de Flavignac est devenu un lieu d’observation des migrations postnuptiale (en automne) et prénuptiale (au printemps). Le site est animé par Patrick Précigout, un ornithologue de la commune qui assure le comptage des grues cendrées. Ainsi le 5 novembre 2020, 48 588 grues sont passées, le 4 novembre 35 502….
Depuis https://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/grus/flavignac

Pour aller plus loin

grue cendrée en vol battu

Un dossier très intéressant à lire :
https://champagne-ardenne.lpo.fr/images/mediatheque/fichiers/Espace_grue/Syntheses_migration/synthese_grues_2019-2020.pdf

Pour suivre les migrations au jour le jour :
https://champagne-ardenne.lpo.fr/grue-cendree/migration-et-hivernage