Récupération de l'eau de pluie

La récupération des eaux de pluie...

Depuis trois étés l’arrosage des jardins et des potagers a été limité voire interdit par arrêté préfectoral (prélèvement réseau d’eau potable ou par pompage dans la nappe phréatique).

La seule source d’eau disponible et sans contrainte reste alors l’eau de pluie.

Voyons comment celle-ci peut devenir une solution écologique et économique pour l’arrosage de nos jardins.

... une solution économique et écologique ?

l'eau de pluie, la seule eau gratuite à récupérer
L'eau de pluie : seule source d'eau gratuite

Quelques chiffres

Une cuve de 1 m3 = 1 000 litres d’eau.

1 mm d’eau c’est 1 litre par m²

L’eau utilisable par l’homme représente 0,61% de l’eau totale. Les lacs et rivières représentent 0,01% et les eaux souterraines représentent 0,6%

43% des cours d’eau français sont classés en bon état et moins de 10% en très bon état

Cependant des régions comme les Pays de la Loire n’ont plus que 13% des cours d’eau en bon état.
Soyons vigilants !

Calcul du volume d'eau de pluie récupérable

pluviomètre

Pluviomètre au jardin, un bon indicateur  © Henri Peyre

Les données essentielles à connaître :

  • La pluviométrie à Rochechouart : entre 900 mm/an et 1000 mm/an
  • La surface de toiture, approximativement il suffit de prendre la surface au sol : prenons une maison de 50 m² au sol
  • Le coefficient de perte, car l’eau n’arrive pas entièrement dans le récupérateur : 
    coefficient toiture ondulée = 0,8, coefficient toiture tuile = 0,9,
    coefficient toiture plate = 0,6.

    Prenons le cas d’une toiture en tuile, soit un coefficient de perte de 0,9.

Volume d'eau récupérable = Précipitation moyenne/an x Surface toiture x Coefficient de perte
Exemple : 900 L/an x 50m² x 0,9 = 40 500 L
soit environ 40 m3/an théorique.

Théorique pour plusieurs raisons :

  • la variabilité de la pluviométrie,
  • la récupération se fait rarement sur l’ensemble de la toiture,
  • le système de stockage empêche la plupart du temps de garder l’eau en hiver.

Calcul du besoin en eau pour le jardin ou le potager

Avant de mettre en place un système de récupération des eaux de pluie, il faut évaluer son besoin en eau d’arrosage.

Nous avons pris l’exemple d’un jardinier de potager du Sud-Ouest (Lot) qui a présenté sur le web sa consommation de 3 à 4 L/m²/jour (moyenne basse).
Partons sur la base de 3 L/m²/jour dans un potager de 200 m², on peut alors estimer le besoin suivant :
200 m² x 3 L = 600 L/jour
Si on considère une période d’arrosage de 135 jours (1er mai - 15 septembre) :
600 L/jour x 135 = 81 000 L 
soit 81 m3/an pour un potager de 200 m².

Pour un jardin avec massifs et sans arrosage de la pelouse le besoin est 3 fois moindre : soit 27 m3/an pour un jardin de 200 m².

Il s’agit d’un calcul théorique, les besoins variant selon l’exposition, le type de sol (argileux, sableux, etc.), l'utilisation de paillage, le système d’arrosage, les végétaux plantés, la pluviométrie estivale…

Quel volume de cuve envisagé ?

Récupération des eaux de pluie depuis une toiture

Récupération des eaux de pluie dans une cuve externe © Henri Peyre

La formule proposée sur plusieurs sites internet est la suivante :

Volume cuve = ((Volume récupérable + Volume besoin)/2) x 30 jours de réserve/365)

Dans notre exemple :

  • Volume récupérable : 40 000L (40 m3)
  • Volume des besoins estimés : 81 000L (81 m3)
  • Souhait d'une réserve d'eau pour 30 jours au cours de l’été

Volume de la cuve pour un potager de 200 m² = ((40 000 + 81 000)/2) x 30/365) = 4 972 L 
soit une cuve de 5 m3 pour un potager

Volume de la cuve pour un jardin de 200 m² = ((40 000 + 27 000)/2) x 30/365) = 2 753 L
soit une cuve de 3 m3 pour un jardin.

Plus le nombre de jours de réserve augmente plus le volume nécessaire de la cuve augmente.

Ces calculs théoriques offrent l’intérêt :

  • de la prise en compte de la consommation d'eau au potager
  • de s'intéresser aux pratiques culturales induisant des économies d'eau.

Les systèmes de récupération d’eau de pluie et leurs coûts

stockage de l'eau du puits

Citernes externes de stockage d'eau © Henri Peyre

On distingue trois sortes de réservoirs :

  • Les cuves enterrées en béton, les plus économiques. Le béton neutralise l'acidité de l'eau de pluie. La distribution de l’eau nécessite une pompe.
  • Les cuves enterrées en polyéthylène, plus légères mais plus chères. Il est indispensable de disposer des pierres calcaires au fond pour neutraliser l'acidité des eaux pluviales. La distribution de l’eau nécessite une pompe.
  • Les réservoirs d'eau hors-sol, bien moins coûteux qu'une citerne enterrée et aussi moins pratiques (ils doivent être vidés en hiver en cas de gel). La distribution de l’eau se fait au moyen de robinet.

Le prix d’un récupérateur d’eau de pluie varie en fonction du type et de sa contenance :

  • Citerne souple hors-sol : moins de 100 € à 500 € (contenance de 500 L à 2 000 L)
  • Citerne enterrée de 500 € à 7 000 € (contenance jusqu’à 10 000 L)

Il faut ajouter les coûts d’installation (pose, raccordement, pompe, filtres selon le cas) variant de 2 000 € à 8 000 € pour une installation complète dans le cas d’une citerne enterrée.

Pour arroser un petit jardin, on privilégiera un récupérateur hors-sol moins coûteux.
On estime qu'un jardinier cultivant 200 m² et utilisant uniquement l’eau de pluie pour arroser, fera une économie de près de 200-400 € selon le type de jardin et sa situation.

Quelques pratiques pour réduire les arrosages au jardin

Ombrages des salades nouvellement plantées par des canisses en bambou

Ombrage des salades avec des canisses © Henri Peyre

La meilleure économie consiste à dépenser le moins possible d'eau. Quelques gestes peuvent nous aider à réduire les arrosages au jardin et au potager : améliorer le sol, éviter l’évaporation ou/et choisir un système d’arrosage adapté. 

Depuis le blog "Tous au potager", nous avons repris une série de conseils apportés par Aurélien :

  • Apporter du compost au sol augmente sa capacité à stocker l’eau et à la restituer aux racines des plantes.
  • Entretenir la mycorhization en favorisant un sol vivant ; il s’agit de l’interaction entre champignons et racines des plantes ; les champignons apportent sels minéraux et eau aux racines tandis que les plantes délivrent des sucres aux champignons.
  • Mulcher ou pailler le sol du potager diminue les effets desséchants du vent et du soleil.
  • Biner vaut deux arrosages.
  • Mulcher ou pailler vaut 3 à 4 arrosages et évite de biner.
  • Arroser en soirée en été pour limiter l’évaporation.
  • Arroser en insistant (1 à 2 mm d’eau est inutile et s’évapore très vite) mais sans excès
  • Les plants perdent beaucoup d’eau lors de leur mise en place au potager, protéger du soleil avec des cagettes ou des filets d’ombrage le temps que les racines se développent.
  • Il faut savoir qu’une pluie utile pour les plantes c’est 10 L/m² ou 10 mm d’eau de pluie, en-dessous apporter un complément.
  • Former des cuvettes d’arrosage lors de la plantation de vos vivaces et arbustes sert à concentrer le maximum d’eau de pluie au pied.
  • Eviter d’introduire des fleurs gourmandes en eau au potager qui en a grandement besoin (canna, dahlias par exemple).

Techniques d'arrosage au jardin et au potager les plus adaptées

Arrosage au potager par des tuyaux en goutte à goutte

Tuyaux goutte à goutte © Henri Peyre

L’arrosoir reste une solution économique pour les petits jardins car on contrôle l’apport fait aux plantes.

L’utilisation du tuyau d’arrosage peut consommer de grandes quantités d’eau ; éviter les jets trop puissants qui tassent la terre et adapter le jet aux différentes situations grâce à une gâchette de verrouillage.

Eviter les systèmes d’arrosage gaspilleurs (asperseurs, sprinklers) et préférer les systèmes de micro-irrigation (économie de 50% d’eau par rapport au système classique) :

  • Des bouteilles implantées au pied des plants diffuseront lentement l'eau, directement au niveau des racines.
  • Le tuyau à goutteurs incorporés est percé de petits trous à intervalle régulier (30cm en général), plus adaptés aux bordures et aux vergers qu’au potager car les trous ne tombent pas forcément au pied des plants.
  • Le tuyau micro-poreux est idéal pour les cultures serrées et en ligne (laitues, haricots, lignes de mesclun, oignons, etc...), il diffuse de l’eau doucement et uniformément sur toute sa longueur.
  • Les micro-asperseurs peuvent arroser suivant les modèles à 90°, 180°, 270°, 360°, très utiles pour arroser les jeunes semis, l’arrosage est uniforme et très doux. mais ils ne conviennent pas aux cultures sensibles aux maladies cryptogamiques comme la tomate.

Pour poursuivre la réflexion